Bilingue : Na pegen sall an “notenn” ! Plutôt salée la “note” !







An istor emaomp o vont da gontañ deoc’h n’eo ket istor Ar Belem  nag hini An Hermione, met istor ur vag vihan, ur vag-pesketa  bet savet er Vendée war-dro ar bloavezhioù daou-ugent. 
Ur vag solut: c’hwec’h metrad hed ha daou vetrad ha pemp warn-ugent led. Ur vag graet gant koad-prenn, paramantet gant ouzhpenn 30m2 a lien, barrek da dalañ ouzh ar mor, evit mont da besketa ar petonked, ar c’hrogenn Sant-Jakez, pe ar brizhilli. Evel-se eo bet he vuhez e-pad meur a vloavezhioù; ur vuhez ha n’eo ket bet aezet alies, dreist-holl e-pad ar goañv. gant an amzer griz.
    Bez a oa pesked e-leizh d’ar mare-se, met tamm-ha-tamm int deuet da vezañ rouesoc’h ha ret e oa kaout bigi brasoc’h evit mont pelloc’h deus an aod, a-benn kavout ar pesked prizius-se. Ha. da-heul, eo bet pesketet re gant ar vagoù-se. hag evel-se eo aet an danvez war an digresk. 
    Ar wech diwezhañ ma oa aet hor vag da besketa, e oa er paread, diouzh a vez lavaret, ur martolod a orin eus Leskonil, ur Breizhad, an hini nemetañ er bourzhiad. E anv a oa Matilin. Dall (1) ne oa ket, met talabarder, ne lavaran ket ! Fall e oa ar  pesketaerezh ar wech-se. Ne felle ket d’ar brizhilli pegañ en higenn. Fuloret ruz e oa mestr ar vag. Hor paotr. Matilin, a gemeras neuze e vombard a oa gantañ atav hag a grogas da seniñ ur gavotenn diroll. Ur burzhud ! A-greiz-holl, ar brizhilli, sachet marteze gant ar sonerezh  (piv ‘oar ?) , a erruas niverus. Ur pesketaerezh eus ar c’hentañ a oa bet an hini-se. Kement eürus e oa mestr ar vag hag ez eas da stokañ e werenn ha da stokañ adarre hag adarre, betek bezañ paket e friad. O erruout er porzh, ne c’hellas ket sturiañ ar vag hag ez eas a-benn d’ar c’hae, o frikañ ar vern staon. 
Setu aze beaj diwezhañ hor vag gaer. Deuet da vezañ didalvoud evit ar pesketaerezh, rak re vihan, e voe renket neuze ha gwerzhet evel ul lestr-bale … Kavout a reas goudor, a-benn ar fin, n’ouzer ket penaos, war-dro Ar Roc’hell. Roet eo bet dezhi an anv “Le f”ra pas” gant he ferc’henn diwezhañ : un anv droch, ne gav ket deoc’h ? 
L’’histoire que nous allons vous raconter ici n’est pas l’histoire du Belem ni celle de L’Hermione, mais celle d’un modeste bateau de pêche construit en Vendée dans les années quarante. 
    Un bateau solide : six mètres de long, deux mètres vingt-cinq de large. Un bateau tout en bois, doté de plus de 30m2 de voilure, capable d’affronter la mer, pour pêcher les pétoncles, les coquilles Saint-Jacques ou les maquereaux. Cela a été ainsi sa vie pendant de nombreuses années, une vie qui n’a pas toujours été facile, surtout l’hiver, par mauvais temps. 

Il y avait beaucoup de poissons à cette époque, mais petit à petit, ils se sont fait plus rares et il devint nécessaire de posséder des bateaux toujours plus grands, permettant de s’éloigner davantage de la côte, afin de trouver le précieux poisson. Et ces mêmes bateaux ont pêché de plus en plus, ce qui a conduit à réduire encore davantage  la ressource.
     On raconte que lors de la dernière sortie de pêche de notre bateau, il y avait à bord un marin, originaire de Lesconil, le seul breton de l’équipage. Il s’appelait Matilin. Il n’était point aveugle, mais joueur de bombarde, ça oui ! Cette fois-là, la pêche était mauvaise. Les maquereaux ne voulaient pas mordre à l’hameçon. Le patron du bateau était fou de rage. Alors,
notre Matilin prit la bombarde qui ne le quittait jamais et se mit à jouer une gavotte endiablée. Un miracle ! Soudain les maquereaux, sans doute attirés par la musique (qui sait ?) affluèrent . Ce fut une pêche parmi les meilleures que fit notre bateau. Le patron était tellement heureux qu’il fêta cela aussitôt en trinquant, puis en trinquant encore et encore , au point de ne bientôt plus être dans son état normal. En arrivant au port, il fut incapable de diriger le bateau dont le bout-dehors s’encastra dans le quai.(2) Ce fut là le dernier voyage de notre bel esquif.  
Devenu non rentable pour la pêche, car trop petit, il fut alors réparé et vendu comme bateau de plaisance. Il finit par trouver refuge, on ne sait comment, du côté de La Rochelle. Son dernier propriétaire lui a donné le nom de « Le f’ra pas ». un drôle de nom vou
s ne trouvez pas ?

A suivre …

 YK/HG- miz Mezheven 2020 ( juin 2020) –

1- Matilin an dall : Matilin l’aveugle de son vrai nom Matilin Furic ( Quimperlé 1789-1859) fut un musicien virtuose bien qu’aveugle. Violoniste mais surtout joueur de bombarde connu a travers toute la Bretagne et réclamé partout pour animer noces, fêtes et célébrations diverses. Amis de beaucoup d’écrivains bretons, Il se rendra même à Paris. avec son compère Jean La Chapelle, pour intervenir dans une pièce de théâtre, « La closerie des genets » montée par Amédée Artus d’après une pièce écrite par Frédérique Soulié. A cette occasion on dit qu’il exécuta aussi marches et danses bretonnes devant le roi Louis Philippe au palais des Tuileries. 

2.-Cet incident étant fréquent sur ce type de bateau sur-toilé, judicieusement, le bout dehors était maintenu entre les deux jumelles par une clavette … en bois et non en fer. Ainsi. cette clavette se brisait en cas de choc, le bout dehors se trouvait alors brutalement désolidarisé des structures du bateau ce qui limitait les dégâts. ( mais attention aux têtes !)