Bilingue-Suite : Na pegen sall an “notenn” ! Plutôt salée la “note” !



Daoust hag-eñ eo bet plijet hor vag gant he buhez nevez ? Hiraezhus eo bet a-wechoù moarvat o soñjal ouzh he buhez kentañ, pa oa yaouank c’hoazh ha yac’h, prest atav da redek war ar mor. Enoeet eo bet alies sur a-walc’h o chom re bell war eor, hep den ebet o tont war he zro nag o vont ganti evit baleadennoù gaer. Neuze, un deiz, den ne oar perak, eo bet dilezet, dilezet war al lec’hid !  
 
   Meur a vloavezhioù he deus paseet evel-se, ankoueet gant an holl, o soñjal eus ar bourmenadennoù vrav he doa graet gwechall, daoust  ma ne oant ket bet re niverus anezhe. Met, dre ma oa ur stumm dibar anezhi, e voe merzet gant tud a gare bigi an amzer gozh. Savetaet e voe diouzh an  distruj gant tud  entanet, emskiantus ma oant eus he zalvoudegezh e-keñver ar glad-mor. Adaozet eo bet penn-da-benn neuze. Setu  un trede buhez dirazi , ur gwir adc’hanidigezh !
 
Setu bremañ hor vag vihan pedet  amañ hag ahont evit kemer perzh e meur a vodadegoù al listri kozh, evel er gejadenn a zo en em dalc’het  e Tonnay-Charente e miz Gouere 2018. 
 
  E bourzh hor vag , en deiz-se, pemp gwaz, an holl entanet gant ar mor hag ar bagoù hag, en o zouez, Chris, ur soner eus Kevrenn ar Roc’hell . Divizet en doa da gas gantañ ar wech-se unan eus e binviji sonerezh muiañ-karet ; ur binioù-kozh stummet e “Sol”, un benveg brav-tre graet e beuz gant atalier Hervieux  e Rieux. Ne oa ket evit  sachañ ar brizhilli evel ma doa graet  Matilin gwechall ! Nann, kustum a vez a-wechoù, e-pad ar gouelioù-mor, da rein buhez d’ar gejadennoù, o seniñ tonioù bennak. Nag an degemer, nag ar stlakadennoù-daouarn pa erruas ar vag e porzh Tonnay , Chris a-sav e penn a-raok o seniñ an ton brudet :”Me ‘zo ganet e-kreiz ar mor” ! Dreist e oa ! 
 
Ur gouel eus ar re vravañ e voe ar gouel, en deiz-se, gant an holl bagoù bodet aze evit plijadur hon daoulagad hag evit diskouez pinvidigezh ar glad-mor.
   Ma oa bet brav an amzer  e-pad ar veaj o vont deus ar Roc’hell betek Tonnay, an distro e voe  un afer all. O vont  dreist beg-douar Ar Fumée, e teuas ar mor da vezañ divalavoc’h. A-greiz-holl e kreskas an avel… pa darzhas ur pezh houlenn war kostez ar vag, hag un eil krenvoc’h c’hoazh a yeas da leuniañ ar c’houc’h. Ar vag a droas war he genoù hag ez eas d’ar strad. 
 
Setu hor martoloded stlapet er mor . Dre chañs, e oa pep hini ur jiletenn-savetein gante, met dre ma c’hoarvezas ar gwallzarvoud a-daol trumm, n’o doa ket bet amzer da dennañ ar fuzeennoù-argoll. Ret e voe dezhe gortoz ur gwir eurvad en dour yen araok bezañ savetaet. Nag an aon o deus bet en deiz-se ! 
 “Le f’ra pas “,hi, a oa beuzet, aet diwar-wel, ha ganti benveg sonerezh hor mignon .






Est-ce que notre bateau aima sa nouvelle vie de plaisancier? Il a sûrement du avoir parfois la nostalgie du temps jadis, lorsqu’il était encore jeune et gaillard, toujours prêt à courir les mers  Il a dû souvent s’ennuyer à rester trop longtemps  à l’ancre, sans que personne ne vienne s’occuper de lui et le sortir pour de belles promenades. Et puis un jour, on ne sait pourquoi, il a été abandonné dans la vasière !
 
  Il a ainsi passé plusieurs années, oublié de tous, se souvenant des quelques jolies, mais trop rares, ballades qu’il avait pu faire. Mais, comme il avait encore fière allure, il fut remarqué par des amoureux des bateaux anciens. Il fut sauvé de la destruction par des passionnés, conscients de sa valeur patrimoniale. Il a alors été complétement restauré. C’est ainsi qu’une nouvelle vie s’offrait à lui. Ce fut là une véritable renaissance !
 
 
Voilà maintenant notre petit bateau invité ici et là à participer à plusieurs rassemblements de vieux gréements, comme à la rencontre qui s’est tenue à Tonnay-Charente en juillet 2018.
 
  A bord de notre bateau, ce jour-là, cinq hommes , tous passionnés par la mer et les bateaux et, parmi eux, Chris, un sonneur de la Kevrenn de La Rochelle. Il avait décidé d’emporter cette fois-là, un de ses instruments de musique préférés. Un biniou-kozh en Sol , un instrument magnifique , tout en buis, réalisé par l’atelier Hervieux à Rieux. Ce n’était pas pour chercher à attirer le poisson comme l’avait fait Matilin en son temps ! Non, lors des fêtes nautiques, il est souvent de coutume d’assurer l’animation  en jouant quelques airs.
Quel accueil, que d’applaudissements lorsque le bateau arriva au port de Tonnay, Chris debout à l’avant et sonnant l’air célèbre : « Me ‘zo ganet e kreiz ar mor » ! C’était grandiose !
La fête , ce jour-là fut particulièrement belle avec tous ces bateaux rassemblés là pour le plaisir des yeux et qui témoignaient de la richesse du patrimoine maritime.
   Si le temps avait été beau lors du voyage aller de La Rochelle à Tonnay , il en fut tout autrement du retour. Au moment de dépasser la pointe de La Fumée, la mer commença à grossir, le vent se mit alors brusquement à souffler…lorsqu’une énorme vague s’abattit sur le côté du bateau , puis une deuxième encore plus forte qui vint remplir la coque. Notre esquif chavira alors et sombra.
Et voici nos marins jetés à l’eau ! Chacun avait heureusement mis son gilet de sauvetage, mais, dans l’accident si soudain, ils n’eurent pas le temps de tirer les fusées de détresse. Il leur fallut attendre une bonne heure dans l’eau froide avant d’être secourus. Quelle peur ils ont eu ce jour-là ! 
« Le f’ra pas » ,lui, avait coulé et avait disparu, emportant avec lui l’instrument de musique de notre ami.
                                                                 A suivre 

 YK/HG- miz Mezheven 2020 ( juin 2020) –

‘(1) Me zo ganet e kreiz ar mor (litt. « Je suis né au-milieu de la mer ») est un poème mis en chanson très célèbre en Bretagne depuis les années 70 car repris par de nombreux interprètes ( Elliane Pronost, Alan Stivell, Gilles Servat. Yann-Fañch Kemener…). Le texte est extrait d’un recueil de poèmes ( “Ar en deulin…”- (à genoux)) une des plus belles œuvres de Jean-Pierre Calloc’h (Yann-Ber Calloc’h dit Bleimor), poète groisillon né sur l’île de Groix en 1888 et fauché par un éclat d’obus en 1917. Jef Le Penven  en a composé la mélodie.

Le thème est le suivant : le narrateur raconte que son père est marin comme ses aïeux et que lui. enfant, travaille avec sa mère dans les champs pour se nourrir.  Mais la mort du pêcheur vient détruire l’harmonie de cette période ; il a beaucoup pleuré, maintenant il se tourne vers Dieu : “Je suis venu vers vous. serein, à genoux”