Ar vreudeur Morvan : peizanted ha kanerien ! Les frères Morvan : chanteurs et paysans !



Ar vreudeur Morvan , paotred Sant-Nigouden !
Anavezet mat int gant an holl, gant o rochedoù karrezet glas ha gwenn ha gant o gasketennoù staget mat war o fenn !  
  

O fevar e oant da gentañ o kanañ ar c’han-ha-diskan (1) er festoù-noz. N’int nemet daou bremañ : Henri hag Yvon. O breudeur, Yves ha François, a zo aet d’an Anaon, bloavezhioù zo dija.
Divizet o deus, Henri hag Yvon, chom a -sav da ganañ, e fin 2019, goude ur bloavezh ha tri-ugent o vezañ war leurenn ar festoù-noz, e pevar c’horn ar vro. Biskoazh n’int bet en diavez Breizh, daoust ma ‘z int bet goulennet meur a -wech da ganañ e-barzh Bro C’hall, e Pariz zoken !
  Evel m’o deus lavaret ur wech : « M’o deus c’hoant ar Frañsizien da welet ac’hanomp, n’o deus nemet dont amañ ! »
  O c’hentañ fest-noz, p’o deus kroget da ganañ dirak an dud, a oa er bloavezh 1958, e Sant-Servez, e-kichen Kallag. Disket o doa da ganañ pa oant bihan gant o mamm hag hi he doa disket ivez ar c’han-ha-diskan digant he zad.
Ha, setu int da zisplegañ : « E 1958, d’ar mare-se, ne oa ket lavaret « fest-noz ». Un « nozvezh » a veze lavaret. Ne oa nemet ar re-gozh a ouie dañsal ha pep korn-bro en doa e stumm dañs. Gant an traktor oamp aet d’ar festoù-noz kentañ. E bloaz 1961 e oa bet prenet un oto ganeomp, un Dauphine ! Daouzek vloaz ‘meump graet  evel-se o kanañ d’an noz er festoù-noz hag o labourat ‘barzh hor feurm e-pad an deiz.
   Adalek ar bloavezhioù 1970, ‘zo deuet  muioc’h-mui a dud, kozh ha yaouank, da welet ac’hanomp ha da zañsal ar plinn hag ar fisel ! » 
Pa vez goulennet digante petra eo o eñvorenn wellañ, e respontont : » An Erer Kozh e 2008, pa oamp o kanañ e Karaez gant  Les Tambours du Bronx. Ouzhpenn 60 000 den ‘oa dirakomp, ur mor a dud ! A-raok mont war al leurenn ‘sonje deomp : bremaik ‘vo stlapet vioù deomp, pe tomatez… met dispar eo bet an traoù ! »
    Ha pa vez  goulennet digante petra  eo o sekred  evit padout keit-se , e lavaront : « Ni ’zo chomet paotred yaouank kozh. Ya ! An dra-se  ‘neus roet hon nerzh deomp , o chom hor pevar  asambles gant hor zud war ar feurm ! N’omp ket bet alies war al leurenn gant Yves, met gant François ‘meump kanet hor  zri ‘pad daou vloaz ha daou-ugent ». 




   Erru e oa diaez da Henri hag Yvon, gant emaint o tostaat ouzh o naontek vloaz, derc’het da ganañ bremañ, dreist -holl e-pad ar goañv, daoust  ma ‘z int bet sikouret  e-pad an ugent vloaz tremenet gant Agnès , a gase anezhe d’ar festoù-noz gant ar wetur hag a zalc’he ivez an traoù en urzh e -barzh an ti. 
   Setu int war o leve bremañ !
Siwazh, n’hor bo ket  tro ken da selaou anezhe « en live » evel ma vez lavaret e galleg-saozneg.
Selaouit ha gwelit ‘ta neuze ar bladennoù pe an DVD bet  enrollet gante hag e voc’h hoalet gant aergelc’h dibar ar festoù-noz ha gant al lusk , an nerzh a roent o kanañ evit hor brasañ flijadur ! 
 
   
Les frères Morvan, les gars de Saint-Nicodème !
Tout le monde les connaît, vêtus de leurs chemises à carreaux bleu et blanc , la casquette bien vissée sur la tête ! 

Ils étaient quatre au départ à chanter le kan -ha-diskan dans les fest-noz. Ils ne sont plus que deux aujourd’hui : Henri et Yvon . Leurs frères ,Yves et François, sont décédés  il y a maintenant plusieurs années.
Henri et Yvon ont pris la décision d’arrêter de chanter , à la fin de 2019 , après soixante et une années de présence sur la scène des fest-noz, aux quatre coins du pays. Ils ne sont jamais sortis de Bretagne, bien qu’ils aient été sollicités maintes fois, pour chanter en France , même à Paris !
  Comme ils l’ont dit un jour : »Si les Français veulent venir nous voir, ils n’ont qu’à venir ici ! ».
  Leur premier fest-noz, lorsqu’ils se sont produits en public, c’était en 1958 à Saint-Servais, près de Callac. Ils ont appris à chanter avec leur mère, quand ils étaient petits  et elle-même avait appris le kan-ha diskan auprès de son père.
Et les voilà qui précisent : » En 1958, à cette époque-là, on ne disait pas « fest-noz » , on disait « soirée ». Il n’y avait que les vieux qui savaient danser et chaque pays avait sa danse propre. C’est en tracteur que nous sommes allés aux premiers fest-noz. On a acheté une voiture en 1961 : Une Dauphine ! Ca a été ainsi pendant douze ans , chantant le soir dans les fest-noz et travaillant le jour à la ferme . 
     A partir des années 1970, ils ont été de plus en plus nombreux, jeunes et vieux , à venir nous voir et danser le plinn et la danse  fisel ! »
   Quand on leur demande quel est leur meilleur souvenir, ils répondent : « Les Vieilles Charrues, en 2008, quand on a chanté à Carhaix avec Les Tambours du Bronx. Il y avait plus de 60 000 personnes devant nous , une vraie marée humaine ! Avant de monter sur scène, on se demandait : tout à l’heure , on va nous lancer des œufs ou des tomates … mais tout a été super ! »
  Et quand on leur demande quel est le secret de leur longévité, ils disent: “Nous, nous sommes restés célibataires. Oui ! C’est ça qui nous a donné notre énergie, le fait d’être restés ensemble tous les quatre avec nos parents, à la ferme ! Nous n’avons pas été souvent sur scène avec Yves mais avec François , nous avons chanté tous les trois pendant quarante-deux ans !
    Il devenait difficile à Henri et Yvon, dans la mesure où ils vont maintenant  vers les quatre-vingt-dix ans , de continuer à chanter, surtout durant l’hiver, bien qu’ils aient été aidés durant ces vingt dernières années par Agnès qui les conduisait en voiture aux fest-noz et qui s’occupait de la maison.
  Les voici donc maintenant en retraite !
 Vous n’aurez hélas plus l’occasion  de les entendre « en live » comme on dit en franco-anglais.
Alors, écoutez et regardez les disques et les DVD qu’ils ont enregistrés et vous serez dans l’ambiance  unique des fest-noz. Vous serez aussi gagnés par le rythme et l’énergie qu’ils mettaient dans leur manière de chanter pour notre plus grand plaisir !
CD 1999 Fest-noz à Botcol ( photo dr)

 YK – miz Ebrel 2020 ( avril 2020) – d’après un interview du Télégramme décembre 2019

1- Kan-ha Diskan : technique de chant à danser a cappella traditionnel et tuilé en breton, pratiquée à deux ou plus. Le meneur ou la meneuse chante le couplet qui est repris ensuite par le ou les autre(s) chanteur(s) démarrant sur les dernières syllabes du précédent. Il est principalement pratiqué en Centre-Bretagne. Aujourd’hui dans la plupart des fest-noz, on danse plutôt au son des instruments de musique biniou, bombarde et autres (accordéon diatonique, clarinette, violon…)