Ur benveg sonerezh burzhudus (traduction ci après)

 Anavezet  mat eo Jorj Botuha gant sonerien  ar bagadoù ha gant sonerien bagad La Rochelle evel-just.

Ul luder dispar eo, brudet e Breizh a-bezh, evit ar binviji sonerezh hengounel  bet aozet gantañ  en Alre, abaoe ouzhpenn tregont  vloaz zo bremañ : bombardoù, binioù kozh, binioù  skosat. Un talabarder eus  ar c’hentañ eo ivez . Bet eo bet pemzek gwech kampion Breizh ar sonerien daou -ha-daou ! Selaouit,  ma n’ho peus ket graet c’hoazh,  ar bladenn «Plijadur », bet  enrollet gantañ  ha gant e genseurted :Pascal Guingo (binioù bras), Philippe Quillay (binioù kozh) ha Pascal Marsault (orgraoù). Selaouit ‘ta « Merc’h Bertelamé », « René er Gall » pe « Les filles sont comme les roses »,  hag e vefec’h trelatet gant e zoare da seniñ.

Souezhet on bet p’am eus gouezet, o lenn ur pennad-skrid gant Anna Quéré en « Télégramme », e oa aet Jorj Botuha da labourat gant Tudual Hervieux  e Rieux, e-kichen Redon.

Komprenet em eus buan perak en doa divizet Jorj, goude  bloavezhioù diaes , en e stal An Alre, mont da labourat gant un aozour dispar evel Tudual. Adkemeret en deus hemañ nevez zo, stal e dad  Gilbert hag a zo o vont  war e leve ar bloaz-mañ.

Bravoc’h e oa  da Jorj mont  da labourat  gant un den  yaouank ha leun  a startijenn evel Tudual eget chom  e-unan  en e atalier, en Alre, o lonkañ  soñjoù du.

Ar chañs am eus bet d’en em gavout  ur wech gant  Jorj Botuha . E 2005 e oa. Er bagad La Rochelle e oan abaoe ur bloaz nemetken . Ur vombard am boa dija, bet aozet gant Jean Capitaine eus Boulvriag e 1976: ur  benveg kaer, e koad ebena gant ur alc’hwez hag enskantet  brav gant staen.  

Met ur vombard-all am boa c’hoant da gaout, ur vombard Botuha, evel m’o doa va c’heneiled eus bagad La Rochelle !

E 2005 e oa ret da Herve (a son ar binioù bras skosat er bagad) mont betek An Alre evit perc’hennañ ur binioù bras, bet urzh-prenet gant ur soner nevez erruet er bagad.

Pediñ a reas  ac’hanon da vont du-se gantañ. Nag a blijadur !

Soñj mat am eus diouzh  atalier Jorj e kreiz–kêr  An Alre. Meur a vicherourien a oa o labourat gantañ d’ar poent-se. Bez e oa ur mell turgn e-kreiz  ar sal  hag un tammig pelloc’h, war un daol vras, tammoù koad ebena ha koad beuz prest da vezañ implijet. Ul lec’h boemus e oa evidomp-ni !

Jorj a ziskouezas deomp ar binviji nevez graet gantañ . 

Goude ur pennad, e kredis diskouez dezhañ va vombard Capitaine. Jorj a sellas pizh en-diabarzh ar benveg hag o sellout deus ouzon a lavaras : « Vous ne pouvez pas monter à l’octave avec ça ? »

« Oh non ! »a respontis dezhañ gant leun a fiziañs, evel ma vije me bet un talabarder dispar…Neuze e lavaris dezhañ am boa c’hoant da gaout ur vombard digantañ.

-«J’en ai une là en ébène en Si bémol avec trois clés La, La bémol et Sol ! » a lavaras, diseblant.

«Je peux l’essayer ? » a c’houlennis, un tammig abafet. Mont a ris e korn ar stal, kuzhet mat, hag e krogis da c’hwezhañ e-barzh ar benveg… Kerkent e prenis anezhañ. Laouen e oan !

E-pad meur a vloavezhioù am eus sonet gant kalz a blijadur gant ar vombard-se er bagad La Rochelle.

Met, daoust ma oa ar benveg-se ur benveg burzhudus, n’on james bet gouest da seniñ gantañ an notennoù eus an eilvet eizhvedell !

                                                                                                              YK Miz Eost 2019 

 Un instrument de musique merveilleux  

Jorj  Botuha est bien connu des sonneurs de bagadou et bien  sûr également de ceux du bagad de La Rochelle.

C’est un luthier renommé, célèbre dans toute la Bretagne pour les instruments de musique  traditionnelle qu’il a réalisés à Auray depuis maintenant plus de trente ans : bombardes, biniou kozh, cornemuses écossaises. C’est aussi un joueur de bombarde d’exception. Il a gagné quinze fois le championnat de Bretagne des sonneurs en couple !

Ecoutez, si vous ne l’avez déjà fait, le disque «Plijadur » qu’il a enregistré avec ses compères : Pascal Guingo (cornemuse), Philippe Quillay (biniou kozh) et Pascal Marsault (orgue). Ecoutez donc « Merc’h Bertelamé » , « René er Gall » ou « Les filles sont comme les roses » et vous serez conquis par son jeu.

J’ai été surpris d’apprendre, en lisant un  article écrit par Anna Quéré, dans « le Télégramme » que Jorj Botuha  était parti travailler avec Tudual  Hervieux, à Rieux, près de Redon.

J’ai vite compris pourquoi Jorj avait décidé, après des années difficiles dans son atelier à Auray, de travailler avec un luthier exceptionnel  comme Tudual. Celui-ci vient de reprendre l’atelier de son père Gilbert qui va partir à la retraite à la fin de cette année.  Il était plus agréable pour Jorj d’aller travailler en compagnie d’un  homme jeune et plein d’énergie comme Tudual plutôt que de rester à se morfondre seul dans son atelier à Auray.

J’ai eu la chance de rencontrer une fois Jorj Botuha. C’était en 2005. Cela faisait un an seulement que j’étais au bagad de La Rochelle. J’avais déjà une bombarde qui avait été réalisée en 1976 par Jean Capitaine de Bourbriac : un bel instrument, en ébène, avec une clé et joliment incrusté d’étain. Mais j’avais envie d’une autre bombarde, une  bombarde Botuha, comme celles qu’avaient mes camarades du bagad de La Rochelle !

En 2005,  Hervé  (qui joue de la cornemuse dans le bagad ) devait se rendre à Auray pour prendre possession d’une cornemuse qui avait été commandée par un sonneur nouvellement arrivé au bagad. Il m’invita à l’accompagner. Quel bonheur !

Je me souviens bien de l’atelier de Jorj dans le centre d’Auray. Il y avait plusieurs ouvriers qui travaillaient avec lui à cette époque. Au milieu de la pièce, un énorme tour et un peu plus loin, sur une grande table, des morceaux d’ébène et de buis prêts à être utilisés. C’était pour  nous un endroit magique !

Jorj nous montra les instruments qu’il venait de réaliser .

Au bout d’un moment j’osai  lui montrer ma bombarde Capitaine. Jorj examina la perce de l’instrument et, en me regardant, il me dit :

-« Vous ne pouvez pas monter à l’octave avec ça ! »

– «  Oh non ! » lui répondis-je avec beaucoup d’assurance, comme si  j’avais été un joueur confirmé. Je lui  dis alors que je désirais lui acheter une bombarde.

-« J’en ai une là en Si bémol avec trois clés La, La bémol et Sol » dit-il, d’un air détaché.

-« Je peux l’essayer ? » lui demandai-je,  un peu intimidé

Je me dirigeai vers un coin de l’atelier et, bien caché, je me mis à souffler dans l’instrument.J’étais heureux ! Je l’achetai aussitôt.

J’ai joué avec beaucoup de plaisir de cette bombarde pendant plusieurs années dans le bagad de La Rochelle. Mais bien que l’instrument fut un instrument merveilleux, je n’ai jamais réussi à jouer les notes de la deuxième octave ! 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                   YK- Août 2019