Histoire de Bretagne : la découverte ou l’ignorance
L’égnimatique contributeur ,« YK », qui a rédigé déjà nombre d’articles bilingues sur le site de la Kevrenn, nous propose cette fois de partager une vision synthétique de l’histoire de la Bretagne de l’origine à nos jours au travers de plusieurs articles rédigés en français uniquement , mais où. comme vous pourrez le constater, la langue bretonne n’est cependant pas totalement absente.( NB : le résumé, présenté à la fin de l’article, est lui en breton … et en français)
Episode 1 : de l’origine aux raids vikings
1 – Les origines :

I. 1 Les tribus celtes
Autrefois, la Bretagne s’appelait l’Armorique. Cinq peuples la composaient. C’étaient des Gaulois, des Celtes, dont les ancêtres étaient venus s’installer ici, sur cette pointe occidentale du continent européen, entre 500 et 300 avant J-C, poussés par le mouvement inexorable d’est en ouest des peuples de l’époque. Mais d’où venaient les Celtes ? Leur berceau d’origine se situait au centre de l’Europe : c’est la civilisation de Halstatt (700-450 avant J-C, puis celle de La Tène : 450 à 50 avant J-C). Certains Celtes se déplacèrent vers l’ouest, comme les Gaulois, ou vers le nord-ouest, vers l’Irlande, vers l’actuelle Angleterre ou encore vers l’Ecosse. D’autres migrèrent vers le sud-est (l’actuelle Turquie), d’autres encore vers le nord de l’Italie ou vers l’Espagne.

Ils arrivent, ici dans l’ouest de l’Europe, dans des contrées qui avaient déjà été occupées bien avant eux par d’autres peuples, il y a 4000 à 5000 ans. C’étaient des populations du néolithique, dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est qu’elles ont érigé tumulus, menhirs et dolmens, tous vestiges extraordinaires d’anciennes sépultures que l’on peut encore aujourd’hui admirer.
Les Celtes se différencient des Romains, des Grecs et des peuples germaniques par leurs moeurs, leur langue et leurs croyances. C’étaient d’éminents agriculteurs et aussi de redoutables cavaliers et guerriers. Leur société était très avancée, contrairement à ce que des esprits « éclairés » racontent encore aujourd’hui (suivez mon regard !) …. Les connaissances étaient réservées aux druides et elles n’étaient transmises uniquement que de manière orale, ce qui permettait à ceux-ci de garder le pouvoir. La société celte était une société matriarcale : la femme y avait une place très importante et un statut élevé. Leur habitat, bien que fait de bois et de bardeaux, était particulièrement élaboré, loin de l’imagerie de la hutte primitive !
Nous n’avons que peu d’écrits au sujet des Celtes, et pour cause, si ce n’est par le témoignage d’écrivains latins ou grecs qui ont été à leur contact. Les Celtes étaient de remarquables techniciens dans tout ce qui touchait à la métallurgie en général (bronze et fer) et ils savaient en particulier plaquer l’étain ou l’argent sur le cuivre, réalisant ainsi de superbes objets d’orfèvrerie (dont certains, les plus prestigieux, étaient en or massif). Ils étaient ornés d’entrelacs magnifiques propres à l’art celte, que l’on a retrouvés en nombre, dans les sépultures. Les Celtes maîtrisaient aussi les procédés de fabrication du verre et réalisaient également de remarquables poteries.
L’art du travail du bois était porté à un très haut niveau. Les charpentiers (notamment dans la conception et la réalisation des bateaux) étaient particulièrement réputés. Les charrons et les tonneliers (le tonneau serait d’invention celte…) rivalisaient d’adresse. L’ingéniosité et le caractère industrieux des Celtes se manifestaient aussi dans la fabrication des vêtements (la cordonnerie : les fameuses galoches !, le tissage des “braies” et des “saies”, l’invention des tissus à carreaux, la diversité extraordinaire des teintures, etc. ). On attribue aux Celtes, entre autres, la découverte et la fabrication du savon, l’art du maquillage pour les femmes, ainsi que la confection très élaborée des matelas en laine (l’art du confort, quoi !)
Les Celtes aimaient la bonne chère et leur cuisine était particulièrement riche et variée, compte-tenu de leur avancée supérieure à celle des Romains en matière agricole: céréales et élevage. Les cochonnailles et les viandes rôties tenaient une place importante lors des banquets, le tout arrosé de vins (préférés à l’hydromel), importés des régions méditerranéennes, vins que les Celtes buvaient non coupés d’eau, contrairement aux Romains (simple question de savoir-vivre !)
Leur grande maîtrise de la fabrication du fer leur conféra longtemps une suprématie sur les peuples voisins, et même sur les Romains qui les craignaient.
Mais ils avaient cependant un grand défaut : celui d’être divisés et de se quereller souvent entre tribus pour des motifs parfois futiles.
I. 2 La conquête romaine
C’est ce défaut qui perdra les Gaulois face à l’invasion romaine conduite par César en 58 avant avant J-C. Il y eut bien une tentative d’unification des peuples de Gaule par un certain chef arverne, du nom de Vercingétorix, mais la ruse, la cruauté et l’ambition démesurée de César finirent par avoir raison de son adversaire qu’il vainquit au siège d’Alésia et qu’il humilia ensuite, en le traînant à Rome comme un trophée, avant de le tuer. Les peuples de Gaule se rendirent alors un à un. Certains tentèrent de résister, comme les Belges ou les Rhèmes, en vain…
I. 3 Résistance et défaite des Vénètes
Mais un peuple d’irréductibles Gaulois, l’un des cinq peuples d’Armorique, va résister (non, non ! il ne s’agit pas des irréductibles Gaulois du camp de « Petit Bonum » !). Il s’agit du peuple des Vénètes qui a le contrôle maritime du commerce du sel et de l’étain. Le territoire des Vénètes, centré sur le golfe du Morbihan, s’étendait de la Vilaine jusqu’à la Laïta.
Les Vénètes se révoltent contre César qui leur faisait payer de lourds tributs.

Un combat naval s’engage, en 56 avant J-C, au large de la presqu’île de Rhuys. Les Romains attaquent avec des galères qu’ils venaient de faire construire du côté des côtes de la Vendée et du nord de la Charente-Maritime par des tribus gauloises locales qui s’étaient soumises à l’envahisseur (Ah, les traîtres !). Les Romains sont d’abord décontenancés par la fougue et l’audace des lourds bateaux vénètes. Mais, soudain le vent tombe. Les voiliers vénètes ne peuvent manœuvrer… Les Romains deviennent alors maîtres de la situation.
Comme dit Joseph Chardonnet dans son Histoire de Bretagne : « La réaction est terrible. La population vénète est décimée et réduite en esclavage. Les notables sont déportés à Rome pour être traînés en triomphe par César et mis à mort le lendemain ». L’Armorique tombe définitivement sous le joug romain. On a là un véritable crime de guerre, voire un génocide, commis par un homme dont on loue, dans les livres d’Histoire, le génie militaire.
L’Armorique et toute la Gaule seront, durant les quatre siècles qui suivront, durement marquées par la domination romaine et par le paiement de lourds tributs. Au IIème siècle, le christianisme pénètre en Gaule et va remplacer peu à peu la religion druidique. La langue celte finit par disparaître sur le territoire gaulois, sauf, on le pense aujourd’hui, suite à certaines études universitaires, en territoire vénète, terre de résistance !
I. 4 La conquête de l’île de Bretagne

Peu après que César aît dominé l’ensemble du territoire gaulois et qu’il soit parvenu dans le nord du pays, le conquérant, que rien n’arrête, franchit le Pas-de-Calais. Il met donc le pied avec ses légions sur le sol de l’actuelle Angleterre, qui, à l’époque s’appelait … la Bretagne (Et oui !) et ses habitants les Bretons, des Celtes comme les Gaulois !
Mais les troupes de César rencontrent une résistance vigoureuse et ne peuvent maintenir que quelques garnisons dans l’extrême sud-est de l’île (le Kent actuel). Ce n’est qu’un siècle plus tard, du temps de l’empereur Claude, que les Romains parviennent à occuper durablement l’île de Bretagne (L’Ecosse exceptée !) et à soumettre les Bretons malgré une résistance farouche en 60 – 61 après J.-C., conduite par la reine Boadicea (30 ? – 61) qui a réussi à fédèrer les différents peuples de la grande île. L’armée bretonne écrase d’abord l’armée romaine à Camulodunum (bataille dite « du massacre de la IXème légion » en l’an 60 ou 61), puis est battue à la bataille de Walting Street. Boadicea a aujourd’hui sa statue à Londres, une statue qui la représente sur son char, et qui se trouve non loin du pont de Westminster !
L’occupation romaine durera plusieurs siècles et parviendra à romaniser la société celtique bretonne au niveau des classes dirigeantes, sans pour autant parvenir à éradiquer la langue celte qui continuera à être parlée par le peuple. Ceci va être d’une grande importance pour la suite.
II – La chute de l’empire romain – Les migrations bretonnes vers l’Armorique:
Mais bientôt l’empire romain entre en décadence. Les frontières craquent de partout. Les peuples barbares venus du nord-est bousculent les peuples de Gaule, sauf en Armorique qui, compte tenu de sa situation excentrée, n’a guère à subir ces invasions. Après une longue agonie, en 476 (prise de Rome par Alaric, Ier roi des Wisigoths), l’empire romain d’Occident n’est plus.
L’Armorique va pourtant bientôt connaître une « invasion », mais celle-ci sera pacifique. Elle viendra cette fois de l’autre côté de la Manche.
II. 1 Les invasions germaniques
L’empire romain s’est effondré. La religion chrétienne s’est imposée dans toute la Gaule, et bien au-delà, dans l’île de Bretagne, et va bientôt diffuser jusqu’en Irlande. Profitant de la déliquescence de l’empire romain, les peuples venant du nord-est, peuples germaniques, bougent : Goths, Wisigoths, Alamans, Francs, Angles, Saxons, Jutes… C’est ainsi que les Angles, les Jutes et les Saxons franchissent la mer du Nord et envahissent la Bretagne insulaire (L’actuelle Angleterre). Les Bretons tentent en vain de résister à ces barbares non encore christianisés… et doivent se replier vers le Pays de Galles et les Cornouailles.
II. 2 Les migrations bretonnes
On peut penser que c’est la surpopulation dans ces territoires de repli et surtout les attaques incessantes perpétrées par les Scots d’Irlande et les

Pictes d’Ecosse (peuples celtes pourtant…) qui vont pousser nombre de Bretons à traverser la Manche et à venir s’installer en Armorique, pays peu peuplé et parlant une langue semblable. Les Romains, dont l’empire s’effondre, auraient aussi favorisé cette migration pour renforcer la défense des côtes armoricaines. D’autres migreront encore plus loin… jusqu’en Galice (nord-ouest de l’Espagne).
Pays d’accueil donc que la terre d’Armorique ! C’est une migration paisible, ou plutôt des migrations, très organisées et encadrées par des chefs politiques et religieux, qui se mettent en place et qui vont débuter vers l’an 400 pour s’achever vers les années 600.
A souligner que la Manche (en breton Mor Breizh ou en cornique Môr Bretannek) ne constituait pas à l’époque une frontière, au contraire ! Des relations commerciales ont toujours existé des deux côtés de la Manche.
L’Armorique va donc bientôt prendre le nom de Bretagne. On assiste là à une véritable « receltisation » de la péninsule, ce qui explique pourquoi, malgré les vicissitudes de l’Histoire, la langue bretonne ait pu parvenir aujourd’hui jusqu’à nous. Quant au Royaume-Uni, il va garder, en souvenir de la Bretagne d’origine, le nom de Grande-Bretagne.
III – Naissance de la Bretagne :
III. 1 Résistance de la langue bretonne
La langue bretonne importée d’Outre-Manche par les migrants va rapidement s’imposer sur l’ensemble de la péninsule, Elle va s’enrichir aussi d’emprunts aux dialectes celtiques locaux, notamment du pays vannetais. Cette langue bretonne va être parlée, au plus fort de son extension vers l’est, presque jusqu’aux portes de Rennes et vers le sud, jusqu’au pays de Guérande, non loin de Nantes. Mais la jeune Bretagne a, à sa porte, un voisin très envieux : la « Francie » (qui n’est pas encore la France), territoire dominé par les Francs, d’origine germanique, lesquels ont rapidement délaissé leur langue au profit du gallo-romain (On a si peu de fierté quand on abandonne la langue de ses ancêtres …)
Dès l’arrivée des Bretons en Armorique, ceux-ci se trouvent confrontés aux voisins Francs qui viennent d’envahir le nord de la Gaule. S’ensuit alors une période de troubles de heurts et de batailles pendant laquelle les Bretons résisteront. On assiste à l’émergence du sentiment national. La Bretagne commence à prendre corps.
Le christianisme se répand. Mais, se mêlent aux nouveaux rites chrétiens des croyances et des rites hérités du temps des druides. L’organisation de l’Église va se faire autour des abbayes et des monastères dont le rayonnement est important, et non dans un cadre séculier qui se mettra en place plus tard.
III. 2 Nominoë et la bataille de Ballon
En l’an 800, Charlemagne est couronné empereur d’un vaste territoire, la Bretagne exceptée, qui échappe à son emprise.
En Bretagne Nominoë accède au pouvoir. Citons les propos de Jean-Pierre Mat dans son livre : Histoire de Bretagne (le point de vue breton) :
« Pour consolider l’indépendance, Nominoë se devait de prendre – et d’imposer – des décisions politico-religieuses.
Les évêques francs furent accusés de simonie, c’est-à-dire de négocier les sacrements pour de l’argent. A Rome, le pape Léon IV et un synode condamnèrent les évêques francs. Ils furent remplacés par des évêques bretons. L’Eglise franque essaya de plaider la cause des évêques corrompus, mais sans succès.
Nominoë établit ensuite un siège métropolitain dans la ville de Dol et coupa les liens entre l’Eglise bretonne et les prélats francs.
Le pape Léon IV reconnut la souveraineté de Nominoë, qui fut sacré roi par l’archevêque de Dol en 848. (……). Nominoë mourut en juillet 851. Il est le fondateur du premier Etat de Bretagne et le père de la nation bretonne »
Nous sommes maintenant en 845 : la première date à retenir de l’Histoire de Bretagne. C’est une date qu’on ne trouve guère dans les livres d’Histoire de France. Et pour cause… C’est la défaite du roi des Francs, Charles II (dit Charles Le Chauve). C’est l’un des petits-fils de Charlemagne. Il est battu par les troupes bretonnes commandées par Nominoë (Nevenoe 831- 851) à Ballon (22 novembre 845), près de Redon.
Cette date signifie la déclaration d’indépendance de la Bretagne. Charles II sera à nouveau défait plus tard par Erispoë (Erispoe : 851 – 857), le frère de Nominoë, à la bataille de Jengland-Beslé (22 août 851).
Les limites de la Bretagne correspondent déjà peu ou prou aux limites actuelles, Loire-Atlantique comprise ! Pour l’anecdote, il faut savoir que c’est le maréchal Pétain qui, en 1941, a, par décret, séparé le département de la Loire-Atlantique de la Bretagne, décret qui n’a jamais été abrogé depuis… Mais, ne désespérons pas de recouvrer un jour l’unité du pays !
Nominoë et Erispoë, comme leurs successeurs, fixent la capitale de la Bretagne, tantôt à Rennes, tantôt à Nantes. Ceci aura plus tard comme effet que cette partie orientale de la Bretagne, où se trouvent les classes dirigeantes, soumise à l’influence franque, puis française, adoptera vite les parlers romans, favorisant ainsi la régression progressive vers l’ouest de la langue bretonne.
IV – Le ciel s’assombrit soudain :
IV. 1 Les raids vikings Mais voici qu’arrivent sur nos côtes, dès le règne de Nominoë, d’autres Germains (décidément !) : les Vikings ! Ils viennent du Danemark actuel. D’autres Vikings, descendus de Norvège, attaquent eux

les côtes orientales de l’Angleterre. D’autres encore venant de Suède (les Varègues) envahiront, par le nord, les territoires de la future Russie.
Ce sont de redoutables marins. Avec leurs remarquables drakkars à faible tirant d’eau, ils remontent les fleuves, pillant, saccageant tout sur leur passage, massacrant les populations. Ils vont s’emparer de la Bretagne et vont la mettre à feu et à sang ! C’est ainsi que l’abbaye de Landévennec est saccagée et détruite en 913. Les seigneurs bretons et les moines s’enfuient, terrifiés, emportant avec eux manuscrits précieux et reliques et trouvent refuge en quelques coins reculés de la Francie, laissant le pauvre peuple sous le joug de l’envahisseur.
La Bretagne, à peine née, aura-t-elle la force de résister à ces barbares, sans foi ni lois, venus du nord ? Ne va-t-elle pas tomber définitivement dans les oubliettes de l’Histoire ou bien va-t-elle surmonter cette épreuve et connaître une renaissance ?…
Et bien vous le découvrirez, si vous le souhaitez, dans le second article consacré dans les prochains mois à une nouvelle période, pleine de péripéties, de l’histoire de la Bretagne.
A suivre ….
YK – miz Meurzh 2025
Sources : Histoire de Bretagne – Joseph Chardonnet
Histoire de Bretagne – Jean-Pierre Le Mat
Bretagne : Une histoire – Istor Breizh – Louis Elégoët
Histoire de la Bretagne et des pays celtiques – Ed. Skol Vreiz
Histoire secrète de la Bretagne – Jean Markaie
La femme celte – Jean Markaie
Histoire de Bretagne – A Dupouy
Et l’indispensable internet notamment pour tout ce qui est illustrations
Berr-ha-berr | En résumé |
– Gwechall, d’ar mare « istorel », e oa anveet Breizh « an Arvorig » hag e annezerien a oa Galianed, Kelted eta. Met deus pelec’h e teuent ? – Kavell a orin ar Gelted en em gav e kreiz Europa (800-500 kent J.-K.). – War-dro 500 kent J.-K., e tilec’h ar Gelted war-zu kornôg Europa (Galia, ar Frañs a- vremañ) ha war-zu ar gwalarn (ar Rouantelez-Unanet ha Bro- Iwerzhon hiziv an deiz). – Pemp bobl a oa o chom en Arvorig d’ar poent-se, ar Weneted en o zouez. – War-dro 58 kent J.-K., e vez Galia aloubet en e bezh gant Kaezar. – Romanekaet dre heg e vez Galia goude- se hag ar yezh keltiek a veze komzet er bro a vez dilezet tamm-ha-tamm, gant ar yezh gallo-roman (ur yezh latin) o kemer e blas. – Harz taer ar Weneted a-enep Kaezar. – Ur stourm meur war vor a grog a-enep ar Romaned e 56 kent J.-K. ha, siwazh, ar Weneted a zo kannet a-benn ar fin. – Tremen a ra Kaezar nebeut goude-se strizh-mor ar « Pas-de-Calais » hag a aloub un darn vihan eus Enez Breizh (Bro-Saoz a- vremañ). – Tremen a ra adarre ar Romaned, ur c’hanved diwezatoc’h, ar strizh-mor-mañ. – Harz taer ar Vretoned gant ar rouanez Boadicea, met trec’het int, ar Vretoned, a- benn ar fin e 61… – Setu Enez Breizh romenekaet bremañ en e-leizh (hep Bro-Skos), met dalc’het ha miret e vez ar yezh keltiek gant ar bobl ! – Ar relijion kristen en em skign en Europa, en Enez Breizh hag en Iwerzhon. – 476 : fin impalaerezh roman ar C’hornôg. – Fiñvadenn ar bobloù barbarek war-zu kuzh-heol Europa. – En o-zouez, ar Franked (n’int ket kristenaet c’hoazh) a zegouezh e Galia. – Tremen Mor an Norzh gant an « Angles », ar Saozon, ar « Jutes » o aloubiñ Enez Breizh (Bro-Saoz a-hiziv). – Harz strizh ar Vretoned, o vezañ taget ivez gant ar « Scots »eus Iwerzhon ha gant ar « Pictes » eus Bro-Skos. – Kiladenn ar Vretoned e Bro-Gembre ha e Kernev-Veur. – Divroadegoù peoc’hiek eus lod ar Vretoned en Arvorig (400-600). – Diazezadurioù an divroidi, renet gant renerien bolitikel ha relijiel. – Embroadur ar brezhoneg en Arvorig, o vezañ « adkeltieget » hag e vo Breizh he anav nevez bremañ. – Emzalc’h diaes er vro. Harz ar Vretoned dirak ar Franked, o enebourien nevez… – Setu Karl Veur, kurunet impalaer ar C’hornôg er bloaz 800, met Breizh a zec’h ouzh e grog. – 845 : Charlez II (Charlez Ar Moal), roue ar Franked ha mab-bihan Karl Veur, a zo trec’het gant Nevenoe, rener nevez ar Vretoned, e Ballon, e-kichen Redon. – Met setu dizale ar Vikinged fuloret o erruout ! Breizh a vo lakaet en arigrap. Pennoù bras ar vro a zec’h kuit hag a gemer repu er Francie . Aze e vo kollet gante ar boaz da gomz brezhoneg. An dra- se a vo un dra a-bouez, siwazh, evit dazont hor yezh… | Autrefois, pendant la période dite « historique », la Bretagne s’appelait « l’Armorique » et ses habitants étaient des Gaulois, des Celtes donc. Mais d’où venaient-ils ? – Le berceau d’origine des Celtes se situait au centre de l’Europe (800-500 av J.-C.). – Vers 500 av J.-C., les Celtes migrent vers l’ouest de l’Europe (la Gaule, la France actuelle) et vers le nord-ouest (le Royaume- Uni et l’Irlande d’aujourd’hui). – Cinq peuples composaient l’Armorique à cette époque et parmi eux les Vénètes. – Vers 58 av J.-C., la Gaule est envahie par César. – On assiste alors à une romanisation forcée et la langue celtique qui était parlée en Gaule disparaît peu à peu, au profit du parler gallo-romain (langue latine) qui prend sa place. – Résistance farouche des Vénètes contre César. – Un grand combat naval s’engage contre les Romains en 56 av J.-C., à l’issue duquel les Vénètes sont malheureusement vaincus. – Franchissement par César, peu de temps après, du détroit du Pas-de-Calais et occupation partielle de l’Île de Bretagne (l’actuelle Angleterre) par les romains. – Les Romains franchissent à nouveau ce même détroit, cent ans plus tard. – Ils rencontrent alors la résistance farouche des Bretons, avec à leur tête, la reine Boadicea. Mais les Bretons sont finalement battus en 61… – Voici l’ensemble de l’île de Bretagne désormais romanisée (sauf l’Ecosse), mais la langue celtique se maintient et est gardée par le peuple ! – La religion chrétienne se diffuse dans l’Europe, y-compris en Bretagne insulaire et en Irlande. – 476 : fin de l’empire romain d’Occident. – Les peuples barbares s’ébranlent vers l’ouest de l’Europe. – Parmi eux, les Francs, non encore christianisés, arrivent en Gaule. – Franchissement de la Mer du Nord par les Angles, les Saxons et les Jutes qui envahissent l’Ile de Bretagne. – Résistance acharnée des Bretons qui sont également attaqués par les Scots d’Irlande et par les Pictes d’Ecosse. – Repli des Bretons vers le Pays de Galles et les Cornouailles. – Migrations pacifiques d’une partie des Bretons vers l’Armorique (400-600). – Installation des migrants sous la conduite de chefs politiques et religieux. – Implantation de la langue bretonne en Armorique qui est « receltisée » et qui prend le nom de Bretagne. – Installation difficile dans le pays : les Bretons doivent résister face aux Francs, leurs nouveaux ennemis. – Voici Charlemagne couronné empereur d’Occident en l’an 800, mais la Bretagne échappe à son emprise. 845 : Charles II (Charles Le Chauve), roi des Francs, petit-fils de Charlemagne, est battu par Nominoë, le nouveau chef des Bretons, à Ballon, près de Redon. – Mais bientôt arrivent les terribles Vikings ! La Bretagne va être mise à sac. Les élites du pays s’enfuient et trouvent refuge en Francie. Là, ils perdront l’habitude de parler breton. Cela aura des conséquences majeures pour l’avenir de notre langue… |